AYAHUASCA ET CONSCIENCE: Un voyage à travers le cosmos à la découverte de soi-même. Témoignage d’Alexandre

EST-IL POSSIBLE DE CHANGER SA FAÇON DE VOIR? 

La cosmovision chamanique unie la perception de l’infini  avec l’intérieur. 

Quelques minutes avant le démarrage de la 4ème cérémonie, je ressens l’inquiétude qui née à l’intérieur de moi. Et je me rends compte que cette inquiétude est créée par la conscience, que lors de la prise de l’ayahuasca ce n’est pas toi qui contrôle le processus, mais bien ton subconscient qui te guide.

Cette fois-ci, les femmes prennent de l’ayahuasca d’abord, puis les hommes.

C’est mon tour, je suis prêt … Je reviens à ma place où je commence l’exercice par des pranayamas, je compte mes respirations… En quelques instants je me connecte à la conscience collective. La pièce est remplie par la silence.  Juste par-ci par-là j’entends le processus de purge.

Je reste allongé. En tout cas, mon corps ne bouge pas. Mon esprit est éveillé. Il encourage les personnes autour de moi et les comblent par des paroles de soutien. Tout pour leur faciliter le processus de purge. Je les embrasse en pensée. Et je me sens mieux moi-même.

Je suis très confortable et je suis en contact avec les différentes énergies. D’un coup, mon corps devient très grand, et il prend tout l’espace de la pièce. Je me laisse porter par l’énergie divine et j’observe des images magnifiques avec des couleurs très vives et riches. Aujourd’hui la couleur « blanc » domine sur les autres couleurs. De cette couleur blanche des pigeons naissent ; et quand ils s’en vont, je sens que mon corps vibre.

L’extase cosmique m’envahit. J’ai la sensation que l’espace devient plus grand que jamais, et que tout est englobé par sa force imaginable qui passe à travers de mon corps. Le moment que je vis est divin.

Je revois les moments de ma vie, lorsque j’étais petit, puis plus grand, les moments oubliés mais présents dans mon subconscient. Je revis des épisodes de ma vie. Je vis une sensation de déjà-vu et les images sans fin traversent mon esprit.

J’ai des nausées. Je m’approche vers le seau, et j’ouvre les yeux. Étrangement, au fond du seau je vois des tigres. Les tigres me questionnent et me forcent à chercher la raison de cet acte. Je ne comprends plus rien. Quelque chose sort de mon corps, je vomis et je réalise, à cet instant même, que ce sont mes peurs et mes craintes qui viennent de partir. Je me libère.

Un des facilitateurs commence à chanter. Je ressens une explosion. Je ressens mon corps partir plus haut ; mes bras se lèvent et tout d’un coup je me vois transformer en aigle. C’est une transformation irréelle. Je suis Aigle.

Une vague d’extase cosmique envahit à nouveau mon existence. Et là c’est encore plus fort, c’est Samadhi, je rentre en état d’union avec le « dieu » intérieur – âtman –  et vie l’absorption dans l’absolu.

Le facilitateur s’arrête de jouer de la musique, et je reviens dans mon corps. Une ou deux minutes plus tard, une nouvelle vague de l’énergie me transperce. Ma poitrine va exploser, je ne trouve pas de place pour accueillir tout cet amour inconditionnel.

Je comprends que le moment crucial de cette nuit s’approche à grand pas.

Je me trouve maintenant dans un puits profond. Et depuis ce puits, je suis tout en bas, j’aperçois le chaman, qui se penche vers moi, puis recule, puis revient. Je vois que le chaman est un Dieu, et que tout l’univers qui m’entoure est à lui. Je me sens Dieu, moi aussi. On forme qu’un.

Les images des paysages magnifiques me viennent à l’esprit lorsque le chaman joue le tambour. La musique se transforme en une palette de couleurs et de formes géométriquement parfaites. Je revis les moments de mon enfance. Ces moment-là viennent pour laisser des traces, m’enseigner. J’ai une sensation que tout est relié et que Tout forme Un.

Je vois une histoire sous différents angles, temporaires. Le temps bouge, change ses formes, il vit, il va de l’avant, puis il recule, le temps est caléidoscopique. Je comprends que le Temps n’existe pas, que c’est Moi qui vient le créer pour y vivre le jeu de la Vie.  

La nuit, comme du sirop d’érable, s’écoule tout doucement.

La guitare sonne et Oscar commence à chanter. Nous chantons ensemble. Chante qu’UN.

Mon corps commence à danser.

 

Alexandre

Février 2017,

Marseille, France

Récit de ma première retraite de 5 jours et 4 nuits à Madrid au mois de décembre 2016.

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