QUAND UN PROJET DE VIE MEURT (2ÈME PARTIE) Pourquoi se mentir à soi-même est si confortable, sur et nous convient ?

À propos de la grande habilité humaine à nous évader de la vérité.

Qu’est-ce que peut avoir le mensonge de si attractif ou convenant pour que nous y soyons tant addicte ?

Avant de commencer cet article dur et de grande réflexion, nous pouvons définir que « vivre dans le mensonge» c’est croire que tout ce qu’on nous dit est vrai ; pour rien au monde questionner ce que nous croyons ; accepter comme une vérité seulement ce que l’on peut voir, entendre ou toucher ; ne pas dire ou exprimer ce que l’on ressent ; permettre que l’on nous mente sans rien dire même si nous réalisons que l’on nous ment ; faire croire aux autres que des choses sont réelles alors qu’elles ne le sont pas. Mentir c’est ne pas dire la vérité, ou la dire seulement à moitié ou l’occulter, ne pas dénoncer le mensonge, créer des réalités qui n’existent pas, faire croire aux autres des choses qui ne peuvent pas être démontrées comme vraies.
Selon cette définition, c’est un fait que beaucoup de personnes vivent dans le mensonge, mais ce n’est pas pour autant qu’elles sont mauvaises ou qu’elles doivent être mauvaises. Elles sont arrivées à cela après un long et laborieux chemin. Pouvoir vivre dans le mensonge est une grande conquête. Tisser une toile complexe de mensonges pour arriver à l’auto-mensonge demande de nombreuses années d’investissement. Si seulement j’avais pu continuer à vivre dans le mensonge en 1989 quand j’étais en apparence dans le meilleur moment de ma vie, continuer ma vie comme si tout était parfait: mais mon heure de compréhension arriva, je l’ai vu ; quand cela se produit, tout commence à chanceler.

Comprendre pour quelle raison tant de gens vivent dans le mensonge et qu’ils ne pensent même pas à en sortir, ils sont si à l’aise, adaptés à l’illusion car elle leur apporte beaucoup de bénéfices et leur évite de devoir passer par des moments inconfortables. D’ailleurs les moments les plus inconfortables de ma vie je l’ai ai vécus durant cette époque où j’ai décidé d’abandonner l’hypocrisie pour vivre la vérité. (Je le raconterai dans des prochains articles).

Il est aussi vrai que beaucoup de monde ne connaît rien d’autre que le mensonge, et ils ne peuvent même pas distinguer ni voir où ils sont. C’est comme si tu demandes à un poisson : Qu’est-ce que c’est l’eau ? Il ne sera pas te le dire, c’est où il vit et bouge à chaque instant de sa vie depuis sa naissance et jusqu’à ce qu’il meurt. Il n’y a pas de séparation entre l’eau et le poisson, ils ne font qu’un depuis leur vision limitée. Mais tout poisson peut se rendre compte qu’il lui manque quelque chose d’essentiel quand on le sort de l’eau ; il commence à se sentir étouffé, il ne peut pas vivre en dehors de l’eau car il s’asphyxie.

Il y a beaucoup de personnes qui vivent dans le mensonge mais par le développement de leur propre conscience elles se réveillent et elles se rendent compte qu’elles mentent et qu’elles se mentent, mais elles ne savent pas quoi faire ou comment changer cette situation qui les dérangent, au plus profond de leur âme, elles peuvent voir l’insatisfaction de fond qu’elles sentent, mais elles ne savent pas encore ni ne ce l’imagine, ce que c’est que de vivre en dehors de ce mensonge.
Le mensonge n’est pas bien vu, c’est sur, c’est purement du faux et de l’hypocrisie mais c’est cela qui leur a permis de survivre à presque tout dans ce monde. Mais à un moment elles se demandent : Comment sortir de cet aquarium où l’auto-mensonge empeste pour vivre dans un espace libre de mensonge si je ne sais pas encore comment respirer dans la vérité ? Vivre dans le vrai continuera à me donner les mêmes bénéfices que ceux que me donnent la vie dans le mensonge ?
Les êtres humains vivent dans une réalité que nous nous construisons «sur mesure » afin de supporter et soutenir le projet de vie que nous avons créé. Pour cela nous devons développer une grande habilité à interpréter, car « la réalité » est un ensemble d’interprétations qui satisfont le mental, l’ego et les conditionnements que nous avons. Une de ces interprétations erronées est que la vérité fait mal, blesse ou détruit. Une autre de ces interprétations est que le mensonge est très généreux, a de la compassion et est compréhensif. Pour beaucoup d’entre nous la vérité est cruelle, douloureuse, angoissante et déprimante et c’est pour cela qu’elle est évitée à n’importe quel prix. Dans ce sens, et selon cette perception, celui qui cherche la vérité mérite d’être puni pour la trouver. Qui est assez fou pour s’auto-punir ?
D’un autre côté la réalité que nous vivons, même si elle n’est pas réelle, est supportable. C’est une création de notre mental qui veut que les choses soient d’une manière déterminée. Nous construisons pour cela de grands édifices virtuels dans lesquels nous prétendons vivre heureux et contents. C’est un projet 3D, nous plaçons chaque chose à sa place, chaque personne nous la définissons d’une certaine manière, chaque situation nous l’accommodons aux formes préexistantes. C’est comme cela que nous créons une réalité qui semble réelle depuis l’extérieur et nous l’entretenons même, nous la décorons, nous la protégeons, mais à l’intérieur nous savons que c’est une construction illusoire qui répond à l’objectif de satisfaire les attentes externes et nos propres souhaits de nous montrer au monde d’une certaine manière. Le mensonge nous protège de l’inconnu, de l’incommode, de l’insécurité.

La réalité que nous vivons (bien évidemment illusoire) est fausse et accommodante. C’est ce qu’ils appellent la zone de confort où seules les choses sûres, commodes et connues sont acceptées, c’est le résultat d’un grand travail mental ; le problème est pour ceux qui n’ont pas tant de ruse et de sagacité pour créer des réalités et qui doivent affronter la vérité de la vie sans avoir vraiment la possibilité de s’en échapper. Ce sont les plus inoffensifs, les plus innocents et dépourvus d’outils pour se mentir à eux-même. C’est merveilleuses personnes sont vues par ceux qui vivent dans le mensonge comme manipulables. Mais c’est justement ceux qui vivent dans le mensonge, qui sont les personnes les plus intellectuelles, rapides, rusées, ceux qui sont très bien programmés, et ceux qui peuvent le plus facilement créer cette réalité pour se mentir à soi-même, pour ne jamais questionner la consistance de la réalité qu’ils ont créé. L’auto mensonge qu’ils ont créé est d’une telle qualité qu’ils ne peuvent pas s’en rendre compte. Comme s’ils étaient entrain de vendre une fleur en plastique si bien faite, qui a le même aspect qu’une vraie fleur, mais si vous leur demandé de s’approcher pour la sentir, la toucher, ils ne le feront pas car ils savent qu’ils découvriront la vérité, et cela serait une expérience trop insupportable et traumatique.

C’est justement ce qui arrive à tous ceux qui osent se pencher pour voir le mystère de ce qui est au-delà de l’apparence. S’ouvrir au questionnement de tout ce qu’on leur a dit, de tout ce qu’ils croient et de la réalité qu’ils ont créé pour survivre est un acte d’un grand courage. Il y a chaque jour plus de personnes qui ont ce besoin. Tout d’un coup ils s’approchent tant de leur réalité que quand ils essayent de la toucher et de la sentir ils se rendent compte que c’est une illusion. Et c’est le début de la naissance de la mort d’un faux projet de vie.
Tout ce qui semble être si réel est un grand mensonge. Mais ce n’est pas pour cela qu’il faut la jeter, sinon tout le contraire, c’est confortable, connu, contrôlable et cela nous évite l’angoisse de devoir voir l’authentique vérité qu’il y a au fond. Alors pourquoi ne pas continuer à se mentir en croyant que la fleur est vraie ? Il est fondamental de comprendre que chaque individu a son rythme pour se rendre compte d’où il se trouve, que la vie a des moyens infinis pour nous aider à voir ce qu’est le mensonge et ce qu’est la vérité, et que certaines personnes doivent traverser des grottes si obscures dans la vie qu’ils peuvent seulement survivre en créant une réalité plus belle qui substitue cet enfer. Les options sont très claires : ou ils perdent la tête et deviennent fous ou ils s’adaptent à une nouvelle réalité qui les sauvera de l’enfer. Cette dernière option c’est l’art de se mentir à soi-même. Les personnes qui, peu importe la raison, osent regarder à l’intérieur d’eux même, qui écoutent leur conscience, qui cherchent en profondeur, elles se rendent compte généralement qu’elles se mentent et qu’on leur a menti, et qu’elles vivent donc dans un mensonge ; elles savent et reconnaissent qu’à l’intérieur elles ne sentent pas la satisfaction qu’elles montrent à l’extérieur.
Dans le processus d’exploration elles détectent pas seulement la souffrance qu’elles ont, elles voient face à face les résistances au changement de vie ; l’attachement est si profond qu’elles sentent qu’elles se déchireraient en sortant de ce qu’elles connaissent. Mais en plus elles peuvent voir la peur de la liberté, l’obsession du contrôle, la répression des désirs et des sentiments, la fausseté dans l’expression, et bien sur la rage de ne pas pouvoir vivre dans l’amour et la liberté qu’elles cachent.
Il est évident que face à cette prise de conscience surgit aussi la nécessité de pardonner à tous ceux qui leur ont menti dans ce mensonge et de se pardonner elles mêmes pour l’avoir cru. Surgit ici une autre impulsion, celle de rompre les liens, de rompre les relations basées sur les mensonges.
Comme si elles se trouvaient devant un grand tsunami dévastateur.
Tout est naturel chez toutes les personnes qui sont arrivées au point où surgit du plus profond de leur cœur la nécessité de vivre dans l’amour, en confiance et en liberté, parce qu’alors naît une urgence impérieuse d’en finir avec le mensonge.

Tu es dans un pétrin. Tu es aux portes du paradis. Tu es dans un moment très délicat où tu as très probablement besoin de soutien. Tu es sur le point de savourer les délices de la vérité. Tu es dans le processus le plus merveilleux que tu puisses expérimenter, c’est une authentique renaissance, car quand un poisson qui sort consciemment des eaux tourbes du mensonge, c’est parce qu’il est prêt à respirer la vérité.

Alberto Jose Varela.

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